Voila c'est fini...

Voilà quelques semaines que le mondial s’est achevé délaissant les fans de football dans une dépression sombre de quelques semaines seulement, le temps que les championnats nationaux respectifs reprennent leurs droits…

World Football Fields vous propose un petit retour basé sur 3 axes de réflexion : L'organisation du mondial russe, le jeu, et la polémique de l'équipe de France « africaine ».

Here we were...

Here we were...

Une organisation « sans-faute » 

La Russie aurait placé « la barre très haute » en matière d’organisation selon Fatma Samura, la secrétaire générale de la FIFA. Le quotidien le Monde estime même que le mondial a été un ballon d’oxygène pour la population russe... En réalité, le ballon d’oxygène était surchargé de CO2 et provoqua l’étouffement de la population au moment où Vladimir Poutine augmenta l’âge de départ à la retraite de 8 ans pour les femmes et 5 années pour les hommes dès le premier jour de la Coupe du Monde…

Mais bref, passons et revenons à cette organisation et encore une fois bravo Vladimir pour ce splendide mondial ! Mais au fait, comment peut-on juger si une compétition a été bien organisée ou non ?

« Je me verrais bien diriger la FIFA »

« Je me verrais bien diriger la FIFA »

Une bonne organisation renvoie principalement à l’absence d’échauffourée et de baston entre supporters et de mouvement sociaux susceptibles de paralyser la compétition. Habituellement, les stades russes et ses alentours sont les théâtres des chants racistes et cris d’animaux et de castagnes entre cervelles brûlées. Tout le monde se rappelle du bordel entre supporters russes et anglais à Marseille durant l’Euro 2016. L’Etat russe a pris soin d’interdire de stade 400 ultras considérés comme dangereux. Surveillés de près et menacés de très grosses sanctions en cas de dérapage (pour rappel : des Pussy Riot ont pris 2 ans de camp pour avoir dénoncé la politique de Poutine dans une église ou l'autel était exclusivement réservé aux hommes), les hooligans russes sont finalement restés chez eux voir même partis en vacances ! Leur retour de vacances est prévu le 28 juillet, date de reprise du championnat russe car oui, les projecteurs ne seront plus braqués vers la Russie et les choses pourront reprendre leurs cours…

Vous l’entendez le bruissement dans vos oreilles…Oui, votre veille oncle a osé prononcer ce que tout le monde pense tout bas au cours du déjeuner dominical d'avant la finale ! « Une bonne dictature ç’est bon pour l’économie et ça file droit ! » Nul doute, le Qatar sera organisé sa coupe du monde d’une main de fer.

La possession n’est plus à la mode

Pour revenir à un sujet purement footballistique, la possession n’est plus à la mode. Avoir la balle mais ne rien en faire, c’est s’exposer à des contres meurtriers. La page « tiki-kaka » barcelonaise et espagnole est définitivement tournée et la défaite de l’Espagne face à la Russie ressemblait bien à une petite mort d’un football qui nous a pourtant tant comblé mais qui s’est petit à petit enlisé dans des redoublements de passes ennuyeuses provoquant que trop peu de situation de but. 

L’équipe de France personnifie ce football basait sur une défense basse voir très basse par moment, aspirant l’équipe adverse pour mieux dégainer un contre meurtrier à la récupération du ballon. La vitesse est l'une des qualités essentielles à ce style de jeu et Kyllian Mbappé représente le joueur parfait pour jouer dans cette configuration. 

Globalement, si certaines sélections nous ont offert un football sympathique (Belgique, Japon, Mexique…), le niveau de jeu fut loin d’être sublime. L’absence de créativité dans les 30 derniers mètres des équipes dominatrices fut flagrante mais on ne saurait en vouloir aux joueurs tant il y a peu de rassemblement des sélections durant l’année. Nous pouvons d’ailleurs nous questionner sur l’avenir des sélections nationales. Car oui, si la coupe du monde créée ou réveille des passions pour le football, l’importance des clubs se fait sentir, car oui, ce sont eux qui rémunèrent les joueurs. Certains clubs réfléchiraient, pour la décennie qui arrive, à créer une ligue mondiale composée des meilleurs clubs de la planète. Objectif : Bâtir une ligue hyper compétitive générant des profits jamais atteint jusque-là qui reléguerait les sélections nationales au second rang.

Polémique : l’équipe de France, « une équipe africaine »

A part si vous vivez sur une autre planète que la Terre ou si vous avez tout simplement coupé avec toute forme de civilisation occidentale ce dernier mois, vous l’aurez sans doute entendu, l’équipe de France serait en réalité une équipe africaine. De Nicolas Maduro à Trevor Noah et même jusqu’à Barack Obama, tous sont revenus sur les origines africaines de certains joueurs français... Il faut l’admettre, c’est usant de revenir sans cesse aux origines des joueurs en 2018.

Pierre Bourdieu expliquait en son temps que les français naturalisés souffraient d’être toujours renvoyés à leurs origines. Et ce fut encore le cas dès le lendemain de la victoire de l’équipe de France. Mais le problème est quelque peu différent car ce sont toujours les personnes d’origines africaines qui sont renvoyées à leur origine en France. Comme l’a récemment expliqué Lilian Thuram, jamais ne sont évoquées les origines portugaises de Griezmann ou espagnole de Lloris…

Le boss se situe au premier rang au milieu de cette photo...(et porte une veste blanche)

Le boss se situe au premier rang au milieu de cette photo...(et porte une veste blanche)

A défaut de faire un focus sur « la race » des joueurs qui composent cette équipe de France, effectuons plutôt un focus social sur les 23 sélectionnés puisque 20 joueurs de cette équipe sont nés sur le territoire français. Autrement dit, penchons-nous sur les origines sociales des joueurs français qui composent cette équipe de France. 

Cette équipe de France provient majoritairement des zones périphériques françaises plus couramment nommées banlieues, notamment banlieue parisienne (Bondy, Beaumont-sur-Oise, Lagny-sur-Marne…) et petites villes de provinces (Mâcon, Maubeuge, Troyes, Orléans…) Autrement dit, des zones géographiques très rarement mis en avant dans les médias et plus largement dans la société française. Une équipe issue des banlieues et des petites villes françaises arrive donc à provoquer une liesse semblable à celle de la libération. On arrive ici à un paradoxe puisque ces zones périphériques et leurs habitants sont au quotidien écartés, discriminés voir abandonnés. 

Après la France black-blanc-beur trompeur puisque les discriminations et les inégalités sont plus que jamais d'actualités, quel slogan rassembleur allons-nous avoir droit pour la seconde étoile ? 

Au lieu d'évoquer les origines africaines des joueurs de l'équipe de France, il aurait pu être  évoquer des sujets positifs comme le côté polyglotte des joueurs français. Dans un pays où l’apprentissage des langues étrangères est loin d’être un sport national, la majorité des joueurs français parle 2 voire 3 langues. Paul Pogba, auteur d’un superbe mondial parle régulièrement l’italien et l’anglais en plus du français. Banlieusard mais pas condamné à l’échec grâce au football et interrogeons-nous pour terminer sur une chose : Faut-il être un sportif de haut niveau, un artiste talentueux, avoir une intelligence bien au-dessus de la moyenne pour avoir l’opportunité de quitter sa banlieue natale ou sa petite ville de province ? Quid des gens qui ne possèdent pas de talent démesuré et qui sont tout simplement "normal" ? Tout le monde n’est pas footballeur professionnel…


N'hésitez pas à vous rendre sur l'album photos de World Football Fields. 

Vous avez une/des photo(s) de terrain de football incroyables(s) ? Faites-les nous parvenir et racontez-nous l'histoire de cette photo comme d'autres l'ont fait